Le terrorisme

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) est autorisé à repérer les menaces envers la sécurité du Canada, à faire enquête et à conseiller le gouvernement à ce sujet. Dans certaines circonstances, il peut aussi prendre des mesures destinées à les réduire.

Le terrorisme, y compris les voyages effectués à des fins terroristes et la radicalisation de Canadiens, constitue la principale menace pour les intérêts canadiens et la sécurité nationale. L’appareil du renseignement n’a jamais affronté une menace terroriste d’une telle portée, d’une telle envergure et d’une telle complexité. Il s’agit de la grande priorité du SCRS.

Daech, avec son appel au ralliement, continue de dominer la sphère extrémiste, particulièrement au Moyen‑Orient. Dans ce contexte mouvant et complexe, Daech a subi des pertes en Syrie et dans les environs de Mossoul, dans le nord de l’Irak. La réaction de Daech est encore incertaine. Il est évidemment possible que cela déstabilise la région et suscite notamment des tensions interreligieuses. Les intervenants de la région devront faire face aux événements, dont l’éventuel déplacement de combattants.

Même si les événements en Syrie et en Irak se déroulent relativement loin du Canada, celui-ci n’est pas à l’abri de l’influence d’organisations terroristes. En outre, malgré les échecs de Daech en Irak et en Syrie, qui fissurent le mythe de son invulnérabilité, l’idéologie du groupe présente toujours un attrait à l’échelle mondiale, y compris chez des Canadiens qui y sont réceptifs.

Des Canadiens qui ont des convictions extrémistes continuent de mener des activités terroristes au Canada et à l’étranger. À l’heure actuelle, le SCRS sait qu’environ 180 personnes ayant des liens avec le Canada mènent des activités terroristes à l’étranger, dont la moitié se trouveraient en Syrie ou en Irak.

Les activités de ces voyageurs extrémistes sont extrêmement variées. Certains préparent des opérations ou suivent un entraînement, alors que d’autres assurent un soutien logistique, recueillent des fonds ou étudient dans des établissements islamistes. Quelques Canadiens se sont rendus en Syrie simplement pour habiter dans un territoire tenu par Daech. La participation de Canadiens à ces conflits, peu importe sa nature, déstabilise les pays concernés et représente certainement des risques directs et indirects pour le Canada.

Le SCRS est aussi au courant du retour d’une soixantaine d’individus. Les extrémistes qui reviennent au Canada peuvent représenter une menace grave pour la sécurité nationale. Ils peuvent réagir de bien des façons, par exemple reprendre une vie normale, tenter de radicaliser d’autres personnes ou financer et faciliter leurs voyages, ou encore planifier des attentats.

Même si les extrémistes qu’on inspire à commettre des attaques au Canada demeurent la menace principale qui pèse sur notre pays, le SCRS doit aussi s’occuper d’autres menaces à long terme, comme cyberattaques, l’espionnage, l’ingérence étrangère et la prolifération des armes de destruction massive. Ces menaces n’ont peut-être pas le même pouvoir d’évocation que le terrorisme dans l’imaginaire collectif des Canadiens, mais il n’en reste pas moins qu’elles pourraient avoir, si on les néglige, des répercussions durables sur la prospérité économique et la sécurité du Canada.

À titre d’exemple, le Canada continue d’être la cible de cyberactivités malveillantes et offensives de la part d’entités étrangères. Ces activités sont devenues un instrument de choix pour une gamme d’intervenants étatiques et non étatiques hostiles parce qu’elles sont efficaces, peu coûteuses et, plus important encore, faciles à nier.

Des États étrangers mènent toujours des activités traditionnelles d’espionnage et d’ingérence étrangère pour tenter de recueillir, par des moyens clandestins, des informations politiques, économiques et militaires au Canada. Ces États cherchent à promouvoir leurs intérêts nationaux en exploitant secrètement les entreprises et les institutions politiques canadiennes ainsi que les membres de leurs communautés au Canada. Le Canada demeure aussi la cible d’activités d’approvisionnement illicites en technologies de pointe menées par des organisations qui cherchent à fabriquer des armes de destruction massive. 

Une menace grandissante pour la sécurité nationale pèse sur tous les secteurs. La collaboration soutenue du SCRS avec ses partenaires fédéraux et ses alliés étrangers est et demeurera un élément important de ses enquêtes et de la réaction du gouvernement du Canada.

Sauvegarder les intérêts du Canada en matière de sécurité nationale et, par le fait même, protéger leurs concitoyens, tel est le défi qu’ont choisi de relever les hommes et les femmes du SCRS. Le Service réévalue continuellement ses opérations et les mesures de sécurité qu’il a mises en place pour faire face au contexte de la sécurité complexe et en constante évolution.

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